Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Suivez l'actualité du peintre Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Inscrivez-vous !

Marie-Catherine-Geneviève Boucher par Hyacinthe Rigaud

1737_-_Mme_Grimaudet.jpg

Hyacinthe Rigaud - portrait de Mme Grimaudet - 1737 - France, coll. part. © étude Daguerre

 

Marie-Catherine-Geneviève Boucher (v. 1715- 1783) était la fille cadette de Louis-Paul Boucher, seigneur d’Épinay, ancien marchand de draps, secrétaire du roi, puis juge et consul.

 

En s’unissant, vers 1725, à François-René Grimaudet de Coëtcanton, seigneur de Grandmaison, commissaire royal du régiment des Gardes-françaises, Mlle Boucher suivait ainsi les pas de ses sœurs, à commencer par l’aînée, Marie-Cahrlotte, la désormais « Madame Rousseau », épouse d’Antoine Rousseau, chef de la manufacture des draps noirs de Sedan.

 

Son époux, riche financier dont les aïeux étaient originaires de Chaumont-d'Anjou, possédait déjà de solides revenus qui lui permirent d’acquérir, deux ans avant sa mort, le beau domaine de Coëtcanton en Bretagne (Elliant et Melgven), mais que ses descendants devront revendre, en 1756, à la famille de Ploeuc pour la somme de 90 000 livres.

 

La famille Grimaudet vivait ordinairement à Paris, sur la paroisse Saint-Roch.

 

Vivante encore en 1780, Marie-Catherine Geneviève Grimaudet avait au moins deux enfants un an après son mariage[1] : Alexandre-Paule-René, né le 11 août 1726 et Anne-Marie-Catherine, née le 22 février 1729

 

En même temps que son époux, Madame Grimaudet se fait portraiturer par Hyacinthe Rigaud en 1737[2]. Si les livres de comptes du peintre ne mentionnent aucun portrait de femme pour l’année 1738, il n’est pas faux de faire un rapprochement avec les œuvres produites l’année précédente. En effet, les dernières années des comptes furent tenus à postériori et de mémoire, ce qui en fausse parfois la précision. De plus, une rapide comparaison des traits du présent modèle avec ceux d’une de ses sœurs, Madame Rousseau, dont le portrait est aujourd’hui conservé dans une collection particulière, achève de préciser l’identité de cette femme.

 

Le visage présente d’évidentes similitudes avec le portrait de Madame Rousseau : même nez prononcé et busqué, des yeux en amande, une lèvre supérieure forte et pincées… De même, la posture, en « habillement répété » d’une composition antérieure, est typique du répertoire de Rigaud en ces années tardives, masquant les mains du modèle pour adoucir le prix demandé (pas plus de 600 livres) et privilégiant ainsi l’éclat des ors de la robe ou la virtuosité du drapé de velours bleu, doublé de soie moirée de même ton[3]. La présence de fleurs d’oranger dans les cheveux de Madame Grimaudet, combinées au bleu de quelques campanules, suggère un mariage heureux.

 

Stéphan Perreau

juillet 2008



[1] Archives de l’état civil de Paris. Paroisse Saint-Roch. Voir Comte de Chastellux dans L. Sandret, 'Revue Historique nobiliaire et biographique, T. 9, 1874, p. 33.

[2] Huile sur toile. H. 80 ; L. 65. Inscription sur le châssis : Peint par Hyacinthe Rigaud, 1738. Paiement inscrit aux livres de comptes en 1737 (600 livres ; rajout de Hulst) ; Collection Grimaudet ; vers 1780, au fils de la modèle, Alexandre-Paul-René de Grimaudet ; sa sœur, Anne-Marie-Catherine, puis par descendance. vente Paris, hôtel Drouot (étude Brissonneau), 21 mars 2008, lot 83 (repr. p. 22 du catalogue, notice et expertise de Stéphan Perreau). Voir J. Roman, ''Le livre de raison du peintre Hyacinthe Rigaud'', Paris, 1919, p. 215.

[3] Voir également le portrait de femme conservé au musée Lécuyer de Saint-Quentin (Inv. E4).

Archives

À propos

Suivez l'actualité du peintre Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Inscrivez-vous !