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06 Sep

Un officier général « isérois » d'après Hyacinthe Rigaud

Publié par Stéphan Perreau

Atelier d'Hyacinthe Rigaud (?), portrait d'un officier général (détail). Paris, commerce d'art © Artcurial

Atelier d'Hyacinthe Rigaud (?), portrait d'un officier général (détail). Paris, commerce d'art © Artcurial

C’est sur le modèle du portrait du duc de Bourgogne, campé par Hyacinthe Rigaud en 1702 devant la bataille de Nimègue, que l’effigie d’un officier général proposée par la maison Artcurial le 26 septembre prochain (lot. 173) a été peint. A mi-corps, le bras tendu vers le bord extérieur droit de la composition, le modèle regarde le spectateur de côté et pose l’une de ses mains sur le fourreau de son épée. La taille ceinte de l’écharpe blanche du haut commandement militaire, il porte une perruque à cheminée tout à fait caractéristique de la première décennie du XVIIIe siècle. Le fait que Rigaud n’ait que peu réutilisé cette posture par la suite, du moins à notre connaissance, nous avait amené à situer sa confection peu de temps après l’achèvement, en 1703, du portrait du petit fils de Louis XIV.

Hyacinthe Rigaud, portrait du duc de Bourgogne, v. 1702-1703. Kenwood House, The Iveagh Bequest © The English Heritage

Hyacinthe Rigaud, portrait du duc de Bourgogne, v. 1702-1703. Kenwood House, The Iveagh Bequest © The English Heritage

 

En 2012, lors d’échanges avec les derniers propriétaires du tableau qui nous avaient aimablement fourni une photographie de l’œuvre avant restauration, nous avions été saisis par la justesse des proportions du modèle, laquelle offrait tous les indices d’une main assurée. Seuls les atermoiements des reflets de la cuirasse, en lieu et place d’un fini beaucoup plus caractéristique chez le maître maître, nous avait fait douter d’une entièreté autographe lors de la publication du tableau dans notre catalogue en 2013. Aujourd’hui, avec le nettoyage du tableau, nous nous rangeons davantage à l’avis des experts de la vente qui voient ici une œuvre de l’atelier de Rigaud.

Atelier d'Hyacinthe Rigaud (?), portrait d'un officier général. Paris, commerce d'art © Artcurial

Atelier d'Hyacinthe Rigaud (?), portrait d'un officier général. Paris, commerce d'art © Artcurial

 

En effet, l’aspect très fini du dessin, des boucles de la perruque à, et principalement d’ailleurs, l’aspect schématique de la bataille de fond, plaide pour une tierce main. Les carnations, si elles s’avèrent moins vibrantes dans leur fondu que chez Rigaud (notamment dans le schématisme sans concession du double menton) n’en demeurent pas moins d’une parfaite exécution. La main, assurée donc, semble parfaitement au fait du style du Catalan. L’aspect harmonieux du visage du modèle et son incrustation parfaite dans l’habillement, sans défaut ni anachronisme anatomique, prouvent sans doute que la composition ne devait pas être un arrangement mais plutôt la copie d’un original non encore localisé. La ressemblance avec un comte de Broglie étant pour le moment hasardeuse, il convient de laisser le personnage dans l’anonymat dans l’attente d’éléments plus probants. 

 

Atelier d'Hyacinthe Rigaud (?), portrait d'un officier général (détail). Paris, commerce d'art © Artcurial

Atelier d'Hyacinthe Rigaud (?), portrait d'un officier général (détail). Paris, commerce d'art © Artcurial

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